Au commencement était le Burn Out

Première publication : le 7 avril 2011

Avant quand je pensais à la dépression, j’imaginais des personnes prostrées chez elles, passant leur temps à ruminer et, il faut bien le dire, à “profiter” du système en étant payées à ne rien faire.

Bien sûr, c’était Avant.

Avant de me faire moi même balayer par le Tsunami Burn Out.

Je tiens à ce terme. C’est lui qui m’a permis de faire mon Coming Out à un moment où je ne comprenais pas encore très bien moi-même ce qui m’arrivait.

Bien sûr, je me savais surmenée. Entre un travail où j’avais tout à prouver, une famille nombreuse et un mari peu présent depuis le mois de Septembre, date à laquelle il avait entrepris de nouvelles études en cours du soir, la masse de travail était telle qu’aucune femme n’aurait pu s’en sortir. Mais moi, je croyais que j’y arriverais.

Le 22 février, après une nuit à ruminer la Xième crise scolaire de l’année de mon aîné, et la réaction disproportionnée que cela avait provoqué chez moi, mon corps a décidé de prendre le pas sur mon cerveau. Il m’a dit : “stop” de la manière la plus violente qui soit.

Je me rappelle de la douleur, surtout. De la panique aussi. Terribles.

Tellement impressionnantes que mon mari a décidé de rester avec moi et de m’emmener chez le médecin. Je ne voulais pas. J’étais pétrie de honte à l’idée de montrer à qui que ce soit l’état pitoyable dans lequel je me trouvais.

Bien sûr, mon médecin a compris très vite l’état de grande détresse dans lequel je me trouvais. Plus vite que moi, c’est certain ! Il m’a prescrit des anxiolytiques et un antidépresseur. Cela a permis à la première crise de s’estomper.

Durant deux semaines, j’ai dormi, dormi et encore dormi. J’ai d’ailleurs très peu de souvenirs de ces premiers jours. On m’a dit que les anxiolytiques provoquent des amnésies. Ils ont aussi provoqué chez moi des effets paradoxaux : ils ont créé des angoisses que je n’éprouvais pas avant. Je n’osais plus sortir de chez moi. Quitter mon lit était un exercice surhumain. J’avais des envies suicidaires, aussi.

J’ai pris la décision avec mon médecin de cesser les anxiolytiques et d’augmenter l’antidépresseur. J’ai vécu cela comme une libération. Tout de suite, mon entourage a vu un changement dans mon visage. Moi, je me sentais mieux : mes angoisses avaient disparu, l’envie de me supprimer aussi. Je me croyais guérie, mais la tristesse est rapidement revenue à la charge.

J’ai commencé à consulter une psychothérapeute. C’est elle qui a posé le mot “Burn Out” sur mon état. Et c’est bien de cela qu’il s’agissait. Même si mon occupation professionnelle n’était pas seule en cause, j’étais bien en état de Burn Out. Face à trop de Stress accumulés, trop de responsabilités, trop peu de reconnaissance aussi, mon corps avait épuisé ses ressources et s’était arrêté de fonctionner.

C’est à ce moment que j’ai pu en parler autour de moi. C’est à ce moment aussi que j’ai décidé que ce Burn Out serait un nouveau départ pour moi : que j’allais prendre le temps de me trouver, de me soigner pour revenir encore plus forte dans la vie normale.

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5 réflexions sur “Au commencement était le Burn Out

  1. J’ai des intérrogations. Je cherche des réponses. Je me reconnais de ci, de là dans ce post mais pas entièrement… comment emprunter le bon chemin de guérison dans ce cas?! J’ai peu d’aide médicale hélas…

  2. Bonjour Chuck, je n’ai évidemment pas de réponse toute fait à cette réponse. Je peux seulement vous dire que la première chose vraiment utile que j’ai fait a été d’accepter que j’étais malade et d’accepter de me reposer. une fois que le gros de la fatigue physique s’est effacé, alors seulement, j’ai pu commencer à réfléchir sur les raisons qui m’avais menées au burn out… et à organiser ma vie pour que ça ne se reproduise pas. Courage !

  3. Pingback: … qui finit bien. | Allo Maman Burn Out

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