Ben Laden, la plume et les aiguilles

Première publication : 18 mai 2011

Voilà moins d’une semaine que j’ai repris le boulot et me voilà déjà retombée dans mes travers : je me laisse porter par les urgences et je ne prends déjà plus le temps de m’occuper de moi :

pendant cette semaine, pas de couture ; pendant cette semaine, pas de blog.

C’est pourtant essentiel pour moi. Ca me fait du bien, ça me répare… me raccomode en quelque sorte.

Mais au fait : pourquoi cet attrait aussi soudain qu’impératif pour la couture ?

Au début, je pensais que c’était tout simplement parce que la couture (intimement liée au souvenir de ma Marraine) me ramenait à l’enfance et me rassurait… Mais en fait, mes rêves et ma psy m’ont apporté une autre réponse qui trouve encore plus d’écho en moi.

Voici le moment de vous raconter un de mes rêves, attention les yeux !

Dans ce rêve, Ben Laden n’était pas mort. Il avait été repéré dans ma voiture et j’avais pour mission avec mon équipe de le traquer. Lors de cette traque j’étais kidnappée par ses hommes. Un soir, lors d’un repas réunissant les terroristes, j’étais invitée à leur table, puis entraînée par d’autres femmes dans une danse où je trouvais enfin un appaisement de mon angoisse.

Avec ma psy, nous travaillons beaucoup sur les rêves (elle est psychanalyste d’inspiration jungienne). Cette analyse m’apporte un éclairage important sur moi-même et sur les luttes inconscientes qui se livrent en moi pour le moment. Alors que ce rêve de Ben Laden n’évoquait rien et me sembait juste ‘abracadabrantesque’ lorsque je le lui ai raconté, tout est devenu clair grâce à cette simple question : « Pourquoi mettez-vous dans votre voiture quelqu’un qui sème la terreur ? » La réponse était évidente pour moi : parce que j’ai vu la terreur dans les yeux de mon fils aîné quand je m’emportais contre lui. J’étais moi même capable de semer cette terreur. Ben Laden était dans ma voiture parce que c’était moi.

C’est une colère immense qui dort en moi et peut me submerger et me posséder sans que je puisse y faire quoi que ce soit. Elle est aussi inattendue et imprévisible qu’un attentat. Et elle est tout aussi destructrice. Tant pour les autres que pour moi.

Dans mon rêve, la tension s’appaise lorsque j’arrive dans le pôle féminin : dans la danse, dans la circularité. Dans ma vie, mes tensions s’appaisent lorsque je m’adonne à des activités caricaturalement féminines comme la couture.

Et le blogging me direz-vous ? créer ce blog a été le fruit d’une impulsion. Je l’ai créé et posté mon premier billet d’une traite, sans réflexion. En a suivi une immense empathie qui m’a fait un bien fou. Peu de temps après, j’ai fait le rêve suivant :

J’avais le cancer de la main droite (si, si). Une spécialiste du cancer venait de Suisse pour m’administrer un traitement : avec une plume d’écolier des années 40, elle inoculait des gouttes d’encre sous ma peau.

Ma main droite est bien sûr la main qui écrit; mais c’est également la main reliée au cerveau gauche, le siège de la raison, du rationnel. Dans mon rêve cette main est malade. Le rêve m’indique que je devrais donc être plus attentive à mon instinct, ma créativité qui se trouvent dans l’hémisphère droit et qui est délaissé pour le moment. Dans le même temps, le remède dans mon rêve, c’est l’écriture. Ce blog, fruit de mon instinct, d’une impulsion créatrice et de l’écriture est un médicament pour moi.

Cette explication me semble fondamentalement exacte : les meilleures choses que j’ai faites dans la vie, je les ai faites d’instinct, sans nécessairement réfléchir … Et mes pires échecs, je les ai vécus lorsque j’essayais d’intellectualiser les choses, d’appliquer des méthodes toutes faites. C’est valable dans la sphère professionnelle tout autant que personnelle.

C’est un drôle de constat à faire : suivre son instinct peut se révéler tout à la fois tentant et insécurisant. C’est tentant parce que cela témoigne d’un certain talent, de quelque chose d’inné qui fonctionne. C’est insécurisant parce que je ne suis jamais certaine d’avoir raison. Qu’aucun signe tangible ne me permet d’être sûre que ce que je fais va être couronné de succès.

Mais finalement, le succès dans ce que j’entreprends est-il un but en soi ? Ou le chemin que j’emprunte est-il le plus important ? Les boudhistes ont leur avis là-dessus. Personnellement, je pense que mes rêves m’en diront plus…

Bonne nuit, faites de beaux rêves

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2 réflexions sur “Ben Laden, la plume et les aiguilles

  1. Je suis tout simplement subjuguée… sans mot tellement je me reconnais dans certains comportements que j’adopte en lien avec la colère qui me submerge!! Wow! Je suis, je suis… sur le derière!

  2. Pingback: … qui finit bien. | Allo Maman Burn Out

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