L’angoisse de la page noire

J’ai 3 enfants magnifiques, une belle maison, un gentil mari, un boulot intéressant, des amis fidèles.

Si on m’avait dit il y a 20 ans : « voilà la vie que tu auras, est-ce que tu la prends? » J’aurais dit « ho oui, merci ! »… ou plus vraisemblablement vu l’époque :  « Clair ! Un peu que j’la veux ».

Et là, pataras. Le château en Espagne que j’ai construit patiemment depuis des années ne me satisfait plus. Travail, mariage, maison, enfants. Tout ce qui m’exaltait hier encore est devenu de l’ordre du banal, voire du pesant.

Pourtant, j’ai fait des efforts pour obtenir tout ça. J’ai travaillé dur, je n’ai pas ménagé ma peine, j’ai mis de l’eau dans mon vin… Moi qui croyais que les victoires acquises chèrement étaient les meilleures… Hé bien, les miennes sont devenues insipides. Même mon blog me désespère. J’écris presque tous les jours et j’efface sans publier… c’est une angoisse de la page blanche qui arrive une fois que j’ai tout écrit. Une angoisse de la page noire, en fait.

(Edit) J’ai repris ici ce brouillon écrit il y a plusieurs jours. Le malaise était toujours là : juste envie de tout effacer et d’aller me coucher : « A quoi ça sert d’écrire un post pour se plaindre ? Efface. Ton histoire n’intéresse personne. » 

Finalement, cette angoisse de la page noire, je peux la traduire ainsi : c’est la peur de s’être trompé d’histoire; en d’autres mots : la peur d’avoir fait les mauvais choix.

Là, naturellement, je pense à mes enfants. Et Boum ! L’évidence me saute aux yeux: ils sont ma seule certitude.

Je peux remettre chaque élément de ma vie en cause, je peux douter du bienfondé de chaque choix, mais je sais que les avoir mis au monde et les aider à grandir au jour le jour est la meilleure chose que j’aie faite en ce bas monde. Et que pendant les 15 prochaines années au moins, ils vont m’alimenter en scénarios… pas trop mauvais, j’espère.

Ma conclusion en forme d’espoir de ce soir (matin ?) est que mon histoire, même si elle m’angoisse, je ne suis plus la seule à l’écrire.  3 petits êtres indépendants écrivent à mes côtés et vont venir bouleverser et enrichir le scénario planplan que je redoutais tant.

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4 réflexions sur “L’angoisse de la page noire

  1. Eh bien Marie Paule,
    En lisant ton post je me suis fait deux réflexions : ah, le syndrome de Buzz Aldrin combiné à un « on en est tous là ». Je m’explique en tous cas j’essaye :lorsque l’astronaute Buzz Aldrin a été sur la lune puis est redescendu sur terre, il a soufert d’une grave dépression dont la cause a été diagnostiquée ainsi :j’ai atteint mon rêve absolu, je suis allé sur la lune, à côté de ça, aucunn projet ne vaut le coup, quoi faire de ma vie maintenant. Je crois qu’autour de la quarantaine, cela fait plus ou moins 10/12 ans que nous avons nos hommes, comme tu dis nous avons travaillé dur, bataillé pour avoir la famille dont nous rêvions, la maison etc. Alors la question ultime est « et maintenant quoi ? » Quel projet plus grand et plus fabuleux que ceux là peut encore faire palpiter mon coeur et me sentir intensément vivante ? Honnêtement je ne sais pas. le combat de ma vie a été mes enfants, moi aussi, juste les avoir près de nous. Alors comme j’ai toujours besoin de faire des projets, je m’en crée pour me tenir l’esprit occupé, organiser un super fête d’anniv ;-), des vacances compliquées, des we en gîte avec les amis et encore remodifier la maison etc mais comme toi je garde à l’esprit que mon plus grand défi et mpn plus grand projet c’est d’essayer de faire que mes enfants deviennent des adultes heureux, épanouis et bien dans leur tête et ça, Dieu c’est que c’est le plus grand des défis !

    Ensuite, pour le « on en est tous là », je dirais qu’il est sensé et normal de se poser la question de la nature de ses choix, c’est aussi dans la nature humaine de douter. En tous cas j’en connais beaucoup moi y compris, mais ce doute permanent et ce questionnement permanent font en sorte, il me semble de ne pas oublier qui nous sommes. Moi aussi j’ai certains jours comme un goût de j’en ai marre : bazarder le boulot, changer de maison, de pays, s’expatrier vivre des aventures, de peur un peu aussi que la vie passe sans qu’on l’ait vu et ne pas avoir réaliser ses rêves. La jolie maison nous semble tout à coup plus si chouette, le gentil mari trop gentil etc. Alors quoi faire ? Prendre le téléphone, ou un café et se plaindre auprès de son/sa meilleur(e) amie comme sa vie est horrible, comme on est nul, qu’on a tout raté, et puis après avoir fait son Calimero, l’ami(e) special Sex in the City, tend un mouchoir (virtuel) et on se souviens que oui, nos choix sont peut être nuls mais ce sont les notres, que l’on a fait comme une grande, le mari est ce qu’il est mais quand on entend parler les copines et les autres ont se dit qu’on a du bol d’avoir le notre finalement et peut être que oui souvent, l’herbe semble plus verte ailleurs, mais l’est elle ? Bien souvent elle ne l’est pas. Y a t il des choses dans ma vie qui valent le coup et que j’ai réussi ? Oui, trois fois oui chez toi et deux fois chez moi ! Tes reflexions, ton blog….moi je saute dessus dès qu’il y a un post, car tespensées nourrissent aussi les miennes et ça, ça fait juste du bien ! J’espère que tu n’es pas fâchée de savoir que ton « angoisse de la page noire » selon moi n’est pas si terrible que ça, en tous cas partagée !

  2. Moi je dirais que la peur d’avoir fait les mauvais choix, même si elle est légitime n’a finalement pas tellement lieu d’être. Ces choix, on les a fait en raison de certains motifs…l’intérêt est de les découvrir et de rectifier le tir ensuite ou en tout cas, d’en tirer des leçons…
    Il y a toujours du positif à tirer d’une situation difficile. Et puis, comme tu le dis, les enfants et en faire des adultes responsables, biens dans leur peau et confiants, c’est tout de même une, si non la plus grande satisfaction d’une vie.
    Bisous

  3. Pingback: … qui finit bien. | Allo Maman Burn Out

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